courant-d-air

"Le malheur est père du bonheur de demain."

Lundi 28 janvier 2008 à 23:13


Et voilà, le premier semestre est terminé.
Bilan mitigé. Des progrès urgents à faire en français et en histoire.

C'est vrai, je n'écris rien sur la prépa, mais c'est parce que je n'ai pas envie de réaliser que je n'ai plus que ça dans ma vie. Ou presque.

C'est étrange, comme si toutes ces heures passées à étudier la littérature me coupaient toute envie d'écrire. Tout besoin, même.
Je me sens vide, alors que ma vie est tellement remplie. Je sais que j'en fais trop. Trop pour avoir le temps de me retrouver avec moi-même. J'ai abandonné l'idée de pouvoir tout faire. La prépa, ce n'est en fait qu'une question de sacrifices.

Pourtant, je ne peux pas dire que je me sens abattue ou pas à ma place. Au contraire. Peut-être qu'il me faut une vie de dingue pour arriver à me persuader que je suis assez forte pour tout concillier. Ce n'est que de l'orgueil en fait.

Tant de choses me passent au dessus de la tête. Si cette année ne me mène à rien, elle m'aura au moins appris à faire le tri entre ce qui vaut la peine de se remettre en question et ce qui n'en vaut pas la peine.


Nous sommes indétrônables.
 

Mardi 1er janvier 2008 à 16:13



 
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Un soir. Comme les autres.
Elle est fatiguée. La journée a été longue.
Elle est montée dans le train et observe les autres passagers. Ca l'amuse. Elle ne sait pas pourquoi.
Elle se dit que si tous ces gens étaient pour la paix, le monde irait peut-être mieux.
Elle tourne maintenant la tête pour regarder à travers la vitre. Elle y voit d'abord son reflet. Puis elle distingue les silhouettes de ceux qui attendent encore sur le quai.
Un couple se tient par la main. Ils ont l'air de discuter. Elle essaie de lire sur les lèvres mais n'y parvient pas.

*Pourquoi le train est-il encore arrêté ?*
 
Un enfant pleure. Sa mère le traîne, fâchée. Aurait-il eu une mauvaise note à l'école ?
Un étudiant est assis sur un banc et lit. Elle n'arrive pas à déchiffrer le titre du livre.
Un mendiant, par terre, attend quelques centimes. Les gens se méfient : c'est sûrement pour acheter de l'alcool.

*Quand est-ce que le train va démarrer ?*
 
Une grand-mère traîne son charriot à commissions : deux baguettes, des carottes, des pommes et des bouteilles d'eau.
Un autre train arrive sur le quai d'en face. Autant de personnes en descendent.

*Mais que fait le train ?*

Elle se demande si ces gens sont conscients qu'ils vivent quelque chose ensemble, l'espace de quelques minutes.
Et c'est alors qu'un visage retient son attention.
Les portes se ferment, les derniers passagers entrent.
Elle le reconnaît. Trois ans d'absence la frappent de plein fouet au coeur. Mais le souvenir est intact.
Le train démarre.
Elle a juste le temps de croiser son regard, de voir ses yeux. Elle voudrait hurler au temps de s'arrêter, de la laisser descendre, mais elle reste assise, comme si plus rien d'autre que cet échange n'existait. Elle s'époumone de l'intérieur, mais est incapable de faire un geste.
Le rattrapper. Lui dire qu'elle était désolée, qu'elle n'avait pas voulu que les choses se passent comme ça. Enfin avoir des explications.
Mais c'est trop tard. Il a disparu.
Elle sait qu'il l'a reconnue.



[J'ai jamais dit qu'en 2008 j'arrêtais de vivre dans le passé.
Peut-être que c'est plus confortable après tout.]

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